POURQUOI PRIVILÉGIER LES COMMERCES DE PROXIMITÉ ?

C’est les gens doués d’intelligence
qui se donnent la peine de se rappeler,
Ceux qui emplissent l’alliance
de Dieu et ne brisent pas le pacte,
Qui unissent ce que Dieu a commandé d’unir
et redoutent leur Seigneur
et craignent le mauvais compte.
Sourate 13, Le Tonnerre, versets 19-21

UNE INDUSTRIALISATION DÉVORANTE

De plus en plus d’associations de consommateurs montrent aujourd’hui que le fonctionnement du mode industriel de production provoque un phénomène de masse de consommation où les liens humains, le rapport à la Nature et le rapport au sens sont perdus.
Comment pouvons-nous contribuer à ce débat ?  Aujourd’hui, la pente industrielle nous pousse de plus en plus à penser le halal dans sa dimension religieuse et éthique originelle : le halal est ce qui est licite parce qu’il est bon pour l’Homme, sa relation avec la Nature, avec la Création et avec Dieu.
Afin de comprendre les enjeux des grandes surfaces, nous vous renvoyons à l’article précédemment publié (« Boucheries ou grandes distributions ? ») écrit par Fethallah Otmani, spécialiste de la question du marché du halal et membre actif de l’UFCM (Union Française des Consommateurs Musulmans), que nous avons également interrogé :
« Le marché du halal est en nette évolution, et ce marché est progressivement en train de tomber entre les mains de groupes industriels et de grandes surfaces, en amont et en aval du marché. Plus il s’oriente dans cette direction, moins on a le pouvoir de préserver l’âme et le sens du halal, au-delà de la question du rite. Les conditions d’élevage, le traitement des animaux, même les conditions de travail des ouvriers et les conditions salariales sont autant de problématiques qui montrent qu’il est de plus en plus difficile d’arriver à un mode de fonctionnement qui soit en cohérence avec le message global de l’islam. Le système économique industriel arrive à ses limites : il est corrupteur de sens, corrupteur de valeur, corrupteur de la relation à la Création, et de notre point de vue musulman, corrupteur de notre relation à Dieu. »
Quand on constate effectivement que le marché du halal est en train de s’éloigner du secteur boucherie, il y a plus de risques de tomber dans un modèle économique de profit au détriment d’un mode sain qui prend en considération les relations humaines. Nous nous sommes dit qu’il était important que les commerces de proximité, et notamment les boucheries musulmanes, ne soient pas trop pénalisés par ce qui est en train de se passer. Nous avons donc opté pour une vision qui permet de faire en sorte que les commerces de proximité puissent garder une place prépondérante dans le marché du halal parce qu’ils sont les plus à même de préserver le sens du halal et d’être les relais d’une vision éthique du halal.
La menace industrielle a donc un impact non seulement sur le marché, mais également sur le sens profond du halal, qui risque de s’oublier dans des considérations techniques, commerciales et stratégiques qui sont loin de la définition éthique que nous nous donnons du commerce.

Préserver le lien humain, préserver le lien à Dieu

Selon Fethallah Otmani, pour lutter contre ces dérives, il faut « œuvrer pour arriver à des conditions où on reste malgré tout dans la proximité, c’est-à-dire dans des organisations qui fonctionnent à taille humaine. »
Notre objectif est d'une part de privilégier les activités qui servent les bouchers et non pas les grandes surfaces, et d’autre part de développer dans d’autres provinces le contrôle en boucherie que nous avons mis en place à Paris et à Lyon. C’est pourquoi également, à côté de notre activité quotidienne de contrôle, nous avons pris la décision d’accompagner les projets alternatifs à taille humaine qui expérimentent de nouvelles manières de concevoir le rapport à la consommation de viande.
Au final, tout ceci a pour objectif de contribuer à préserver le lien humain dans le travail, et donc également le lien avec Dieu et Sa Création. Fethallah Otmani, qui enseigne également dans des ateliers de réflexion sur l’islam et le monde moderne (formations proposées par l’UFCM : Cœur Coran Création), interroge l’impact de l’industrialisation sur les rapports humains :
« Les grands groupes industriels fonctionnent généralement sur les phénomènes de masse. Et paradoxalement, au final, plus on est dans des phénomènes de masse, plus on est dans l’individualisme. Dans des unités de productions, on n’apprend pas vraiment à se connaître, il n’y a plus véritablement de lien humain. Alors que dans les petites unités de proximité, le lien humain est préservé : c’est ce qui est développé dans les agricultures de proximité, qui essaient de recréer du lien entre les gens, entre les consommateurs et les producteurs, agriculteurs. »
Le rite halal tel que nous essayons de le préserver aujourd’hui, c’est le minimum, mais comme le suggère Fethallah Otmani, « nous devons arriver à faire en sorte que de ce minimum-là nous parvenions à remettre Dieu au centre de nos vies. »

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