L'ABATTAGE RITUEL EN BREF

PRÉALABLES

- En Islam le droit d’abattre un animal est une dérogation accordée par Dieu à l’homme.

- L’abattage rituel musulman (dhakât) est très strictement encadré par les Textes religieux.

- L’abattage rituel est censé permettre la purification spirituelle et physique de l’animal. Spirituelle car l’animal est abattu au nom de Dieu ; physique car l’abattage pratiqué vide la bête de son sang (considéré comme une impureté en Islam).

- Il existe différentes manières d’abattre les animaux en fonction du contexte.

- Le type d’abattage pratiqué sur les animaux domestiqués de petite ou moyenne taille (ovins, bovins, caprins, volaille notamment) s’appelle le dhabh.

- Le dhabh consiste, dans sa dimension pratique, à effectuer une saignée sur le coup de l’animal en tranchant des organes vitaux.

- Le dhabh est encadré par des obligations à respecter impérativement et des recommandations visant à minimiser les souffrances de l’animal.

- Critères que doit remplir le sacrificateur musulman

  • Le sacrificateur peut-être un homme ou une femme.
  • Il/elle doit être sain(e) d’esprit
  • L’abattage effectué par un musulman transgressant certaines règles (notamment celui/celle qui n’effectue pas sa prière quotidienne) reste valide (avis majoritaire mais non consensuel).

LES OBLIGATIONS (SELON UNE MAJORITÉ D'OULEMAS)

- Avant ou au moment de passer le couteau, le sacrificateur doit prononcer la basmallah et donc dire: «  Bismi-Llâh, (Au nom de Dieu)».
- Si, par oubli ou ignorance, le sacrificateur ne prononce pas la basmallah, son abattage reste valide (avis majoritaire mais non consensuel).
- En revanche, si le sacrificateur ne prononce pas la basmallah délibérément, son abattage n’est pas valide.
- L’instrument utilisé pour égorger l’animal doit être tranchant.
- Le sacrificateur doit trancher les deux artères carotides de l’animal.
- Les artères carotides jouxtant plusieurs veines, lorsque la saignée est effectuée, les veines et les artères sont souvent tranchées en même temps.
- L’abattage reste valide si, par accident, seulement une artère carotide a été tranchée ainsi que la trachée-artère et l’œsophage (avis majoritaire mais non consensuel).

LES RECOMMANDATIONS

- Il est conseillé de choisir de grands couteaux, de bien affûter les lames et d’égorger l’animal rapidement.
- Pour rappel, lors de la saignée il est seulement obligatoire de sectionner les artères carotides. Mais l’objectif étant de tuer l’animal avec le moins de souffrance possible, les savants recommandent de trancher quatre organes: la trachée-artère, l’œsophage ainsi que les deux artères carotides.
- En tranchant les quatre organes, il faut prendre soin de ne pas sectionner les vertèbres cervicales ainsi que la moelle épinière d’un seul coup.
- Il est recommandé d’éviter d’abattre un animal devant ses congénères.
- Il faut attendre la mort complète de l’animal avant de le manipuler pour la découpe ou autre.
- Le sacrificateur doit s’orienter et orienter l’animal (qui est posé à terre sur son flanc gauche) vers la qibla.

L’ABATTAGE EFFECTUÉ PAR LES GENS DU LIVRES (CHRÉTIENS ET JUIFS)

- L’abattage effectué par un Juif ou un Chrétien, homme ou femme, sain(e) d’esprit, est licite dans les conditions suivantes :
  • Si les bêtes sont à l’origine licites à la consommation et qu’elles ont été abattues selon le rite musulman dans sa dimension pratique (il faut en particulier que l’animal ait été saigné sans assommage préalable).
  • Si le nom de Dieu a été prononcé avant ou au moment de la saignée et, dans le cas contraire, si aucun autre nom n’a été mentionné à la place de celui de Dieu.
- La basmalah n’est donc pas obligatoire pour les sacrificateurs juifs ou chrétiens (avis majoritaire mais non consensuel)
- En revanche si le nom de Jésus, d’un saint, ou tout autre nom a été mentionné, à la place du nom de Dieu, l’abattage n’est pas valide (avis majoritaire mais non consensuel).
- Les personnes travaillant dans des abattoirs dans des pays de tradition judéo-chrétienne ne peuvent pas être considérées par défaut comme des gens du Livre puisqu’il est en général impossible de vérifier leur appartenance religieuse.
- La viande provenant d’animaux qui sont licites à l’origine mais, dont non ne sait ni par qui, ni comment ils ont été abattus, n’est donc pas licite à la consommation.

LES DIFFÉRENTES ÉTAPES DU DHABH

La lettre R, indique recommandation et la lettre O, obligation.

- Avant de procéder à l’égorgement de la bête, il est conseillé de lui donner à boire (R), de ne pas lui faire subir de violence ni de stress, et si elle est stressée, de la laisser se calmer.
- Le sacrificateur couche l’animal sur son flanc gauche (R) face à la qibla (la Mecque) (R), et entrave ses pattes (R).
- Le sacrificateur prononce la formule « Bismi-Llâh (au nom de Dieu)» (O).
- Le sacrificateur tire la tête de l’animal en arrière, de manière à découvrir le cou ; il prend le couteau bien affûté (R) de la main droite (R), et le passe rapidement (R), et avec force sur le cou de l’animal.
L- e sacrificateur doit trancher la trachée-artère, l’œsophage et les artères carotides (O), coupant en même temps les veines jugulaires.
- Si cela s’avère nécessaire, il est permis au sacrificateur de repasser la lame sur le coup de l’animal.
- Lorsque le sacrificateur voit le sang jaillir avec force – ce qui atteste que les deux artères carotides sont coupées (O) – il doit s’arrêter de trancher (R), prenant ainsi soin de ne pas décapiter l’animal.
- Après la saignée, le sacrificateur doit s’abstenir de manipuler l’animal jusqu’à ce que celui-ci soit complètement inerte (R).

Page 55 à 75, Tawhid, AVS. Pour retrouver les différentes sources des avis mentionnés dans cet article, se reporter au chapitre du livre susmentionné.

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