INTRODUCTION AUX FINALITÉS DU HALAL

Source : AVS

LES OBJECTIFS FONDAMENTAUX

Plus qu’une religion, l’islam est un système de vie offrant au musulman la possibilité de vivre conformément à ses principes religieux et moraux et fidèlement à sa spiritualité.
Les deux sources qu’il utilise pour le guider et jalonner sa vie sont le Coran, dernier Livre divin révélé, et la Sunna de Muhammad, dernier Prophète suscité à l’humanité.
Grâce à ces sources, le musulman chemine sur la Voie afin de trouver un équilibre entre ses réalités « humaines » et ses aspirations spirituelles.
Il évolue ainsi dans un univers à la fois éthique et légal qui jalonne sa vie d’adorateur – à travers les actes d’adoration (‘ibâdât) –, et sa relation avec ses semblables, son environnement (mu‘âmalât).

DEUX UNIVERS

1– Univers éthique, car tout ce que fait ou dit le musulman a un sens au regard de Dieu. Ses actes ou ses paroles portent en eux, et par l’intention qui les motive, un caractère bénéfique ou préjudiciable.

2– Univers légal, car ces mêmes actes prêtent à conséquence auprès de Dieu : ils seront soit rétribués, soit sanctionnés.

Cet univers éthico-légal distingue ainsi les intentions, les paroles et les actes sains et bénéfiques de ceux qui sont nuisibles et préjudiciables.

S’il existe des distinctions intrinsèques à chacune de ces catégories (nous le verrons plus bas), nous pouvons résumer en disant que la première catégorie définit le licite – appelé halal en arabe –, et que la seconde catégorie définit les actes relevant de l’illicite (le harâm). Toute la vie du musulman tend donc vers le halal (le licite) et s’éloigne du harâm (l’illicite) : ses actes cultuels, ses relations avec autrui, avec la nature, son hygiène de vie, son alimentation, etc.

C’est ce dernier domaine qui nous intéresse dans ici, notamment le domaine de la consommation de la viande et des produits carnés.

 

LE LICITE ET L'ILLICITE

Quelques préalables s’imposent, car il faut comprendre pourquoi et quand une chose est déterminée licite ou illicite.
Ces deux notions sont en lien avec la conception très large, en islam, des droits de l’homme (huqûq al-‘ibâd) et des droits de Dieu (huqûq Allah), droits issus des deux Textes fondamentaux de l’Islam : le Coran et le Hadith.
L’objectif de l’islam, en instaurant ces notions de halal (licite) et harâm (prohibé) dans la vie du musulman, n’est pas de le gêner : Dieu ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants. [Coran 5/6]
Ils répondent plutôt à la sauvegarde d’éléments fondamentaux qui sont appelés finalités de la révélation ; ils se déclinent en cinq domaines :
  • Préservation de la religion (dîn) : par l’accomplissement des actes cultuels (prière, zakât, jeûne du mois de ramadan, pèlerinage), la construction de mosquées, l’enseignement de la religion, etc.
  • Préservation de la vie humaine (nafs) : par l’interdiction d’attenter à la vie d’autrui ou à la sienne, l’interdiction de torturer, de porter atteinte à l’intégrité corporelle ou mentale de l’être humain, de consommer des produits dangereux, etc. Dans la même optique, il est obligatoire de se faire traiter en cas de maladie (et de pouvoir accéder aux soins), de respecter la dignité humaine, de garantir les différentes libertés humaines, etc. En somme, le fait d’avoir une vie saine et digne relève du droit humain.
  • Préservation de l’espèce humaine (nasl, nasab) : par l’institution du mariage, l’interdiction des relations sexuelles en dehors du cadre légal, l’interdiction de toute diffamation, l’institution de l’héritage, etc.
  • Préservation des biens (mâl) : par l’interdiction d’attenter aux biens d’autrui de quelque façon que ce soit (vol, tromperie, corruption…), la préservation des ressources naturelles (et leur répartition équitable), le respect de la propriété privée, etc.
  • Préservation de l’intellect (‘aql) : par l’interdiction de tout ce qui peut lui nuire, comme les boissons alcoolisées, les matières s’attaquant au bien-être de l’esprit (drogues, psychotropes, etc.) …
Si ces actes ont une nature plus ou moins contraignante ou gênante pour l’homme, c’est dans le seul but de préserver ces cinq universaux indispensables à son équilibre spirituel, moral, physique et matériel.
Tant que la pénibilité dans les actes exigés est supportable et transitoire, elle reste prescrite. Par contre, si la gêne est insupportable et/ou durable, les Textes l’écartent alors par des dispenses ou des allègements (rukhsa). C’est le cas, par exemple, d’une personne malade ou âgée qui peut être exemptée de jeûne lors du mois du ramadan ou encore du voyageur qui est autorisé à écourter ses prières. En cas de nécessité (darûra), le musulman peut même aller jusqu’à enfreindre la prescription. Tout cela est encadré bien entendu par les Textes :
Il leur ordonne ce qui est convenable, il leur interdit ce qui est blâmable ; il déclare licite, pour eux, ce qui est bon ; il déclare illicite, pour eux, ce qui est impur ; il ôte les liens et les carcans qui pesaient sur eux.  [Coran 7/157]

CONCLUSION

Ainsi, la recherche du halal et l’éloignement du harâm permettent au musulman de vivre en totale fidélité avec les prescriptions divines. Ils donnent un sens spirituel aux actes ; ainsi, au-delà du péché, le harâm est un mal nuisible à l’homme, qu’il en prenne conscience ou non. Au contraire, le halal est un bienfait et, pour ceux qui en sont conscients, une forme d’adoration de Dieu.

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