HALAL OU CONSOMMATION HALAL ?

INSOUCIANCE

Nous avons tendance à limiter la question du halal aux éléments de jurisprudence pure. Or il ne faut pas oublier que le halal à un sens et une finalité.
Ainsi, il n’est pas concevable que nous puissions consommer en toute insouciance en faisant table rase des conséquences provoquées en amont comme en aval par nos modes de consommation.
Dieu nous met pourtant en garde contre ce genre d’attitude :
« Nous avons destiné beaucoup de djinns et d'hommes pour l'Enfer. Ils ont des cœurs, mais ne comprennent pas. Ils ont des yeux, mais ne voient pas. Ils ont des oreilles, mais n'entendent pas. Ceux-là sont comme les bestiaux, même plus égarés encore. Tels sont les insouciants. » [Coran 7/179]
Cette insouciance nous pousse à surconsommer même durant le mois de ramadan, oubliant les finalités de ce mois. Cette insouciance qui nous pousse à remplir nos assiettes pour in fine jeter le surplus, cette insouciance est un mal qui nourrit un système diabolique que nous n’avons pas droit de cautionner.
Les musulmans peuvent et doivent devenir une force de proposition pour une consommation alternative.

SURCONSOMMATION

Nous vivons une époque où tout nous pousse à consommer, mais il revient au croyant, à chaque étape de sa vie de comparer son attitude à celle du Prophète (sws) et aux enseignements coraniques :
« Qui, lorsqu’ils dépensent, ne sont ni prodigues ni avares mais se tiennent au juste milieu. » [Coran 25/67]
Il faut en effet être conscient des effets de la surconsommation sur l’environnement, la santé, les équilibres sociaux, ….
De nombreuses études démontrent en effet, par exemple, que le niveau de consommation de viande est beaucoup trop élevé en occident et que cela provoque non seulement des problèmes sanitaires graves chez les populations locales, mais cause aussi des dégâts environnementaux et parfois sociaux important dans les pays producteurs.
La clef de ce problème est probablement à chercher dans cette parole du Prophète (sws) : « Si l'être humain avait une vallée pleine d'or, il en voudrait absolument une deuxième… » [Boukhârî]
Nous avons insisté au départ sur la vocation spirituelle de l’attachement au halal et la surconsommation s’oppose à un principe fondamental du cheminement spirituel : Al-Qana’a. Ce précepte nous enseigne que le croyant a cette caractéristique qui lui permet de savoir se contenter de ce qu’il possède.
Ce précepte prend tout son sens dans un monde où l’on nous incite à toujours consommer plus, dans un monde où l’on se distingue davantage par nos modes de consommation que par nos idées. En effet comme disait le Prophète (sws) : « La richesse ne dépend pas de la quantité de biens. La richesse est que l'âme se suffise (de ce qu'elle a). » [Muslim]

APPRENDRE A GERER SA CONSOMMATION

Il ne s’agit pas de chercher à devenir végétarien, mais simplement de diminuer son niveau de consommation en particulier de viande, tout en améliorant progressivement son niveau d’exigence et sa qualité de consommation. Ce choix n’est pas sans conséquence et c’est pourquoi il mérite des efforts individuels et collectif.

Sans prétendre compenser le travail d’un nutritionniste, ni même occulter la nécessité d’adapter le mode d’alimentation à chaque personne qui a ses propres problèmes, goûts, famille, culture, il nous apparaît important de proposer des solutions simples et plutôt standardisée que chacun tentera d’ajuster à sa propre réalité. Voici donc quelques propositions concrètes concernant la consommation des viandes :

  • Limiter ses achats de viandes à un maximum de 400 grammes par adulte et par semaine
  • Lors des repas se servir moins que de coutume, quitte à se resservir si nécessaire, mais ne surtout pas jeter de nourriture saine.
  • Préférer les aliments et notamment les viandes élevées et produites sur sa région
  • Éviter la consommation des poulets pacs élevés en batterie, au profit des poulets fermiers et idéalement des poulets BIO.
  • Interpeller son boucher et sa grande surface pour pouvoir disposer de viande halal BIO qui est encore trop difficile à se procurer.
  • Limiter aux cas exceptionnels la consommation de repas en fast-food
  • Au-delà de la viande il existe bien d’autres recommandations que les consommateurs musulmans devraient suivre, tel que privilégier la consommation d’eau aux diverses boissons, adhérer aux AMAP BIO pour acheter leurs légumes, …

Nous sommes conscients qu’il est difficile d’opérer des changements brutaux dans les familles, mais l’important est que cette problématique devienne un souci à part entière et que chacun fournisse des efforts à hauteur de ses capacités pour tenter de changer progressivement les choses.

UNE DÉCISION HYPOCRITE

Dans ce débat sur l’abattage rituel, il faut être très clair.
Cette question est l’arbre, le tout petit arbre, qui cache la forêt de la souffrance animale dont nous sommes malheureusement nombreux et nombreuses, y compris manifestement dans les enceintes parlementaires, à nous accommoder parfaitement bien.
Ce système d’abattage industriel, soumis comme toute industrie aux principes de la rentabilité financière et de l’efficacité technique, omet totalement ce qu’on appelle communément “le bien-être animal”.
Cet abattage industriel aux cadences effrénées ne considèrent pas les exigences minimales de respect de la voie la moins attentatoire au bien-être animal. C’est un monde dont nous semblons parfaitement bien nous accommoder !
Et ce sont des questions sans doute légitimes, mais beaucoup plus périphérique, comme celle de l’abattage rituel, qui concentre notre attention.
Nous allons jusqu’à adopter des normes législatives pour interdire une pratique particulière,alors que c’est encore une fois, sans aucune commune mesure, avec la montagne d’autres pratiques industrielles, qui elles, continuent à pouvoir s’appliquer sans que qui que ce soit, dans les enceintes parlementaire nationales ou  européenne, n’y trouve rien à redire !
C’est un élément qui permet de mettre en évidence, que non seulement, une interdiction générale de  l’abattage rituel pose question au regard des principes de liberté religieuse et de non-discrimination, mais  qu’elle est aussi une décision hypocrite qui nous détourne des questions de fond que posent l’élevage et  l’abattage industriels.
Comment ne pas arriver à la conclusion qu’au delà du souci légitime du bien-être animal, ce sont d’abord les communautés musulmane et juive qui sont visées par une interdiction de ce type.
Comment ne pas relever tout l’aspect stigmatisant et ostracisant d’une interdiction qui, par ailleurs, laissent à l’écart de ce type d’initiatives législatives des pratiques à l’échelle industrielle bien plus condamnables.

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