L’abattage halal dans le fiqh ?

Cette première interrogation nous renvoie à la contradiction entre notre éthique spirituelle et nos pratiques. La particularité que nous donne notre foi s’est estompée, nous l’avons nous-mêmes aliénée, au point de ne plus être capables de freiner notre boulimie incessante : consommer plus pour avoir plus. Nous vivons malheureusement dans l’illusion d’un bonheur qui se symbolise par de simples objets et services éphémères.

Nous participons à l’épuisement des ressources naturelles par le gaspillage, la surconsommation, la production de déchets inutiles. Nous sommes devenus les disciples d’un marketing publicitaire incessant qui introduit la notion de « halal » à sa guise et sans aucune réflexion.

Le sang de l’animal doit s’évacuer correctement.

C’est pourquoi la saignée doit être réalisée à l’aide d’un instrument tranchant. Dans le cas des espèces consommées en France (bovins, ovins, volailles), la saignée doit être pratiquée au niveau du coup par section des artères carotides, de l’œsophage et de la trachée artère. Ainsi, nous comprenons donc que toute autre méthode de mise à mort y compris par assommage est interdite.

Le Prophète (PBSL) dit : « Égorge de manière rapide. Mange (tout animal) dont on a fait couler le sang, et sur lequel a été mentionné le Nom de Dieu… » [Muslim, Bukhârî rapporte une version proche]

La mise à mort de l’animal réalisée par un croyant

La mise à mort de l’animal doit se faire dans le respect du rituel rappelant la prééminence de Dieu sur l’Homme et l’animal. Ainsi, à travers cet objectif l’Homme doit se souvenir que prendre la vie d’un animal n’est pas un acte prouvant son pouvoir, mais un acte dérogatoire accordé par Dieu dans Sa générosité envers l’Homme. De ce fait seul un croyant (musulman, juif ou chrétien) peut mettre à mort un animal qui sera considéré comme halal. Mais le plus important est qu’au moment de l’abattage, le nom de Dieu soit rappelé : « Au Nom de Dieu, Dieu est plus Grand »  « Bismi-Llâh, Allâhu Akbar » [Muslim, Bukhârî…]

Bien traiter l’animal

Même si ce n’est pas un élément pouvant rendre l’animal illicite, on constate, à travers ce texte que l’objectif de l’abattage est aussi d’atténuer le plus rapidement possible les souffrances de l’animal.

Un hadith du Prophète confirme ce propos : « Dieu a prescrit l’excellence en toutes choses. Lorsque vous tuez, faites-le de la meilleure façon, et lorsque vous égorgez, faites-le de la meilleure façon. Et que celui qui procède à l’égorgement affûte sa lame, et qu’il soulage sa bête. » [Muslim, Tirmidhî, Nasâ’î]

De nombreux récits prophétiques vont dans ce sens et incite les croyants à tout mettre en œuvre pour alléger les souffrances de l’animal. Il faut aussi être conscient que celui qui ne se préoccupe pas de cet aspect risque la malédiction divine. Un jour, le Prophète (*) est passé près d’un animal qu’on avait marqué au fer sur le front, il dit : « Ne savez-vous pas que Dieu a maudit celui qui marque son animal sur sa face ou qui le frappe sur sa face ? ». [Abû Dâwûd, Muslim]

Abattage rituel et assommage

Le procédé d’assommage doit au minimum provoqué l’inconscience de l’animal mais peut aussi le tuer. D’ailleurs le règlement européen 1099/2009 prévoit par exemple des paramètres électriques pour l’assommage des volailles qui tuent les animaux.

L’assommage n’étant généralement pas compatible avec l’abattage rituel (juif et musulman), les législations européenne et française ont prévu une dérogation pour l’abattage rituel. On trouve par exemple dans l’article R214-70 du code rural français : « L’étourdissement des animaux est obligatoire avant l’abattage ou la mise à mort, à l’exception des cas suivants : 1º Abattage rituel ; […] »

Positions juridiques sur l’assommage

Les débats sur l’assommage sont nombreux et tournent souvent autour de la problématique scientifique de la réversibilité. En effet, une technique irréversible (qui tue) est unanimement considérée par les savants comme haram. Mais il arrive aussi souvent que certains abordent la problématique sous l’angle « de l’animal s’apprêtant à mourir ». Il est en effet connu qu’en islam, il est possible de saigner rituellement un animal qui a reçu un choc et qui est blessé mais pas encore mort. Cependant, il faut rappeler les conditions qu’avancent les grandes écoles juridiques dans ce cas :

Pour les malikites :
L’animal ne doit pas avoir été atteint à l’un des 7 endroits vitaux avant la saignée.

Pour les hanbalites et shafi’ites :
Il faut qu’un signe prouve la vie de l’animal (ex. : un des membres bouge, comme sa queue ou son œil ou une patte…)

Pour les hanbalites :
Le sacrificateur doit s’assurer que l’animal est en vie avant de le saigner. Hors, en condition industrielle, ces conditions ne peuvent être assurée, car l’animal est le plus souvent touché à la tête et est ensuite immobile. De plus, du fait des cadences importantes, le sacrificateur ne peut généralement pas garantir que l’animal est bien vivant.

Parallèlement à la problématique de l’assommage préalable à la saignée, d’autres questions ont été soulevées. Ainsi, la question du disque ou de l’assommage après la saignée ont été l’objet de débat.

Le disque

Un grand nombre de conseil de savants autorise la saignée par disque. Mais, il faut savoir qu’en pratique la saignée par un disque circulaire mécanique n’est possible que si les volailles ont été assommées au préalable. En effet, il ne faut plus qu’elles bougent afin que leurs cous soient calés dans un chaînon qui va les conduire à ce disque circulaire. Mais comme la grande majorité de ces conseils de savants interdisent l’assommage des volailles, la question du disque n’a en réalité pas lieu d’être posées.

L’assommage après la saignée

Cette pratique a initialement été introduite afin de permettre d’abattre des volailles en contexte industriel, notamment les dindes qui se débattent énormément suite à la saignée. Elle commence maintenant à se généraliser sur différentes espèces, comme les ovins et les bovins. L’objectif de cette généralisation serait d’abréger les souffrances. D’un point de vue religieux, trois avis existent. Une première partie des savants considèrent que tout ce qui se passe après la saignée ne change pas le statut des viandes. Pour eux cette pratique est donc halal. Une seconde partie conditionne l’assommage après saignée par la garantie que l’assommage ne va pas achever les animaux plus rapidement et qu’il ne va empêcher un écoulement sanguin conforme à l’abattage rituel. Pour ces derniers, l’assommage après saignée est donc halal lorsqu’il est appliqué aux dindes et ovins uniquement. Pour les autres espèces cela est donc haram. Une troisième catégorie de savants considère que cette pratique est haram dans tous les cas.

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